L'Église est composée d'une nef unique et d'un sanctuaire rectangulaire, les deux définis par des murs massifs. Hormis la fenêtre gothique sur le mur du fond du sanctuaire et la petite rosace de la nef surmontant l'arc triomphal, l'éclairage à l'intérieur de cette petite Église se fait par l'intermédiaire de baies étroites, déchirées sur les élévations de la nef et du sanctuaire. Plusieurs auteurs l'intègrent dans le style roman tardif.
Le portail principal et le portail du côté sud sont déchirés dans l'épaisseur du mur, n'ayant aucun tympan, et leurs archivoltes s'appuient directement sur les pieds-droits. Le bâtiment n'a donc pas de supports en forme de colonne.

Le naturalisme des motifs floraux qui ornent l'archivolte centrale du portail principal et l'intérieur de la fenêtre gothique du sanctuaire, ainsi que la forme carrée des modillons de la nef et de la partie avant du chevet, témoignent d'une chronologie tardive, probablement du XIV siècle.
Cependant, le style décoratif roman persiste dans les formules de l'ornement, confirmées par perles sur les archivoltes entourant l'extérieur de la fenêtre du sanctuaire et l'arc triomphal.
Il faut également souligner l'importance de l'inscription en caractères gothiques à côté du portail principal. Malgré sa faible lisibilité, Mário Barroca nous propose la lecture suivante : +: ERA : M : CCCC: XX: III [...] / [...] / [...] / [...] / [...] / [...] / [...]
Étant donné que la construction romane et gothique commençait généralement par le chevet, avançant ensuite vers la façade, cette inscription de l'Église d'Escamarão peut indiquer, même si de manière non explicite, que la construction de l'Église s'est achevée à l'ère de 1423, c'est-à-dire l'an 1385.
Sur le côté sud, cinq corbeaux situés à peu près à mi-hauteur des deux baies étroites indiquent l'existence d'un porche à un pan abritant le portail latéral.
Le granit s'impose à l'intérieur de l'Église et le mobilier liturgique encore existant fut déjà conçu à l'époque moderne. Divers témoignages nous révèlent qu'il y avait dans cette Église, au moins jusqu'au début du XXe siècle, une peinture murale datant sans doute du XVIe siècle.
Le devant des autels latéraux de la nef datent environ de la même époque. La séparation des couleurs des azulejos étant faite par la technique d'arêtes en relief, les panneaux d'azulejos mauresques, avec sa polychromie à base de couleurs ocres, vertes et bleues sur fond blanc, forment des compositions standardisées de motifs floraux et phytomorphes, anticipant la mode des azulejos, en "tapis", en raison de la répétition de motifs et de leur encadrement, très répandue au XVIIe siècle.
Le retable principal de l'Église a été conçu selon le style national et sans aucun doute avant le milieu du XVIIIe siècle. Celui-ci exhibe des colonnes en spirale (pseudo-salomoniques) et des archivoltes semi-circulaires.
Il faut évidemment tenir compte du caractère régionalisé et vernaculaire de cet exemple en bois sculpté de style national, qui est confirmé par sa polychromie. Il présente, au centre, et en couronnement, les armoiries de l'Ordre bénédictin.
Sur le devant des autels latéraux, il y a des lambrequins néoclassiques qui complétaient un ensemble de retables de la même époque, mais qui fut enlevé lors des travaux de rénovation effectués dans les années 1960, supportés par la paroisse civile, et qui ont essayé d'intensifier l'aspect médiéval de l'Église.